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Angélo

Amédé et Juliette

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De l'Italie à la France, l'histoire de ma famille "Grâce à Angelo"

Apostolo Schiavon et Antonia Pedrina detta Valonta

Le sort des italiens du nord et des savoyards est si intimement lié depuis des siècles que ces gens retrouvent leurs origines un peu mélangées. Je descends d'une famille dont les racines ont pris naissance au bord des tumultueux torrents des Alpes. La moitié maternelle travaillait les champs le long du Guiers aux limites de la Savoie depuis de multiples générations. La moitié paternelle, sur le versant italien (en ce temps sous domination Autrichienne jusqu'à 1866), se prélassait probablement en pêchant à la ligne au bord du Piave ou sur un quai au bord de l'Adriatique sur l'île de Burano. Apostolo, né vers 1800, passait peut-être ses journées en mer pour pêcher le poisson qu'il revendrait au port de Treviso, et rêvait en chantonnant à sa belle Antonia qui cousait des dentelles à la douce lumière de la mer. Burano n'était probablement pas cette île colorée si originale et si recherchée par les touristes d'aujourd'hui. La vie y était dure mais belle. Voir cette page qui contient un magnifique video de Burano

Antonio Schiavon et Elisabetta Gazzola

Antonio est né le 8 nov 1835. Il a grandi dans la maison d'Apostolo, à Burano , puis rencontra Elisabetta à Tréviso née en cette ville le 13 juillet 1834, et le 27 avril 1857 il l'épousa . Ils vécurent à Tréviso. Ils eurent plusieurs enfants. Moins de quatre mois après leur mariage, leur premier fils Eugenio naquit le 4 août 1857 (Ah! ces italiens) . Leur fille Maria Italia Libera naquit le 15 mars 1859. Ils avaient trente-quatre ans à la naissance d'Angelo, mon arrière-grand-père, en 1870. Ils ont eu certainement d'autres enfants dont nous ne possédons pas les enregistrements.

Angelo Schiavon et Cecilia Viagello

Angelo naquit  le 4 avril 1870 à Tréviso. Dès son jeune âge il travailla dans des papeteries à l'entretien de la machinerie, puis aprit le métier de mécanicien soudeur.

Le 30 décembre 1890, Angelo épouse Cecilia. Tout au long de leur jeunesse en Italie, Angelo et Cecilia n'ont connu qu'émeutes sociales et crises politiques..Au début de XIXe siècle, l'expansion économique est très grande et très rapide en Italie.  La main-d'oeuvre est trop abondante et bon marché.  On assiste aux plus grandes migrations vers la France. Sous Giolitti, la prospérité est assurée par la corruption et l'évolution vers le libéralisme.  Le peuple exploité, lui, opte pour le socialisme.  Angelo se dit socialiste, il lèvera fièrement son poing vers le ciel jusqu'à la fin de ses jours.  Une recrudescence de l'agitation politique et sociale se fait sentir juste avant la première guerre mondiale..

Angelo quitte l'Italie régulièrement au début du siècle, pour des raisons probablement économiques, à  la recherche de travail. Il vise la France pour une vie meilleure. Il lui restait 11 enfants vivants à nourrir et il ne reculait devant rien.    Il prit des contrats de travail à l'étranger, Allemagne ( soudeur scaphandrier), Suisse, France (Docker à Marseille, mécanicien à une usine de dirigeables de Gemenos), pendant que Cécilia s'occupait du reste de la famille en Italie. Cécilia qui allait le visiter en France à l'occasion, retourna en Italie pour accoucher de son dernier enfant Amedeo, en 1911. Il y eut plusieurs années de séparations et de privations jusqu'à ce qu'après la guerre de 14-18, vers les années 20 il s'assura d'un bon emploi avec logement pour lui et ses fils à la papeterie Navarre de Galas, France. Parti devant avec son fils aîné, il fit venir le reste de la famille quelques temps plus tard.  Ils vécurent le reste de leur vie en France, à la cité Gallas, près de Fontaine, Vaucluse, avec un intermède de quelques années aux Échelles, Savoie, alors qu'il travaillait pour la papeterie Navare d'Entre-Deux-Guiers. De reour à Galas il travailla jusqu'à ses 80 ans.

Je crois être allé chez Angelo quelques années avant sa mort. J'avais moins de  8 ans, il me faisait un peu peur. Un arrière-grand-père, quel patriarche.  On m'aurait emmené chez Mathusalem que ça ne m'aurait pas plus impressionné.  Sa maison était sombre comme toutes les vieilles maisons de Provence, il y faisait frais car les volets restaient fermés toute la journée et une légère senteur d'humidité imprégnait l'air. Il me caressa les cheveux d'un geste maladroit et demanda à Cécilia d'apporter du vin, pour lui et mon père.  Il parlait tantôt français, tantôt italien d'une voix rauque et enjouée.  Il était content de nous voir.  Cécilia était à peine plus grande que moi, silencieuse et souriante; elle portait un chignon bien tourné derrière la nuque.  Elle servit le vin et laissa la bouteille sur la table.  Angelo dit-on buvait plus deux litres de vin par jour en mangeant et fumait un paquet de cigarettes.  Il suivit ce régime toute sa vie et s'en portait très bien, jusqu'à ce qu'il se retrouve à l'hospice après la mort de Cecilia. Là, on lui retira totalement cigarettes et vin  "pour son bien".  Il en mourut 5 années après Cécilia, en 1961, le 30 décembre, jour de leur soixante et onzeième anniversaire de mariage. Il avait 91 ans. Ils sont entérrés au cimetière de Sorgues.

Cecilia: enfant trouvée sur les marches d'une église

Cécilia était une enfant de l'assistance publique, née le 30 juin 1870 à Belluno, Italie. Est-ce le jour réel de sa naissance ou celui ou on l'a trouvée à la porte de l'église de Belluno ? Elle a été abandonnée devant la porte de l'église de Belluno puis élevée dans un couvent Tréviso. C'est à l'église qu'elle connut Angélo, car il y chantait à la messe du dimanche.

Église de Belluno

Belluno

Elle portait dans son berceau, ( d'après ses dires, comme dit mon père), de riches habits brodés d'or et une broche en or représentant un coutelas dans un fourreau (Vrai ou pas? ceci est une longue histoire). Nous aimerions connaitre le nom de ses parents: on dit dans la famille que sa mère est venue jusqu'en France pour la voir. Cécilia a refusé de la recevoir, expliquant qu'une mère n'abandonne pas son enfant, qu'elle n'avait pas de mère. Si quelqu'un de la région de Galas a connu cette femme, svp, nous en informer.

Belluno. IT

Amedeo Schiavon et Juliette Chantre

Mariés en 1930, ils eurent six enfants, en perdirent deux. Ceux qui restent jusqu'en 2010: Georges, René, Liliane, Michel.

Ils sont mes grand-parents, l'italien et la savoyarde. Ils ont eu la vie dure, traversé deux guerres, et on légué à leur descendance une bonne dose de force de caractère et d'humour.

Une page pour eux

Georges

Fils d'Amedeo, mon père est né à Saumanes, Vaucluse, France, décédé en 2010, et a vécu sur la Côte d'Azur une retraite tranquille. Il habitait un village tranquille à 30 km de la mer, avec vue de son balcon sur la Sainte-Baume. Il a passé quelques années au Québec.

Marie-Jo, auteur de ce site

Fille de Georges, je suis née en Provence, France, et j'ai passé une jeunesse heureuse à Saint-Saturnin-lès-Avignon, , cachée dans un amandier en fleurs, jusqu'à ce que mon père décide de nous propulser en pays étranger.
J'avais 13 ans lorsque nous sommes arrivés au Québec,en 1963.
J'ai tout de suite aimé les grands espaces et l'hiver blanc. J'ai appris la vie et le langage québécois, j'ai épousé un Québécois et mis au monde une québécoise, et je crois que j'en suis devenue une.

Ma descendance, une Renaud

Fille d'un Québécois, Isabelle est née et a grandit à Québec. Elle a fait ses études à l'Université Laval et a complété un mémoire de maîtrise concernant l'Internet et l'Identité québécoise.
Son site du temps de l'élevage Angéléo

Chez nous au Québec

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